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Crisenoy ne veut pas de la future prison

Ce nouvel établissement pénitentiaire ouvrira ses portes en 2027. Mais le village oppose un refus catégorique à ce projet.
Crisenoy ne veut pas de la future prison
@ wikimedia commons

TerritoiresCollectivité Publié le ,

Jean Castex a mis fin à un long feuilleton commencé en 2010. Après Rubelles et Vaux-le-Pénil comme possibles sites d'implantation, le choix du chef du Gouvernement, et de son ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, concernant la future prison localisée en Seine-et-Marne (1 000 places), s'est finalement porté sur Crisenoy, un village de 684 habitants situé à quelques kilomètres de Melun.

Cette construction s'inscrit dans le cadre du plan national “15 000 nouvelles places” initié par le ministère de la Justice (huit opérations nouvelles à l'horizon 2027). Érigée sur la ZAC (zone d'activités concertées) des Bordes, à 700 m seulement du bourg et tout près du village voisin de Fouju, elle s'étendra sur 70 hectares et sera composée d'une maison d'arrêt (700 places) et d'un centre de détention (300 places).

Thierry Coudert s'est félicité de cette décision. C'est, en effet, le préfet de Seine-et-Marne, qui avait relancé, en décembre dernier, les recherches d'un terrain propice à la construction d'une nouvelle prison. Selon lui, la création de cet établissement pénitentiaire
« permettra de répondre à de nouveaux besoins et de concrétiser le projet de déménagement du centre de détention de Melun. »

Même satisfaction du côté de la Ville de Melun, dont le maire, Louis Vogel, avait fait de cette délocalisation l'une de ses principales promesses à son arrivée à la tête de la mairie, en 2016. « Cette construction va permettre le déménagement de la prison de Melun, ainsi que la transformation de l'Île Saint-Etienne et de notre cœur de ville » s'est-il réjoui dans un communiqué. « C'est une victoire pour Melun et plus largement pour le territoire. »

Du côté de la municipalité de Crisenoy, en revanche, c'est la soupe à la grimace. Très remonté quand il a appris la nouvelle, son maire, Hervé Jeannin, a d'ores et déjà promis d'user de tous les recours juridiques possibles pour empêcher la réalisation de ce projet. En mars dernier, alors que la rumeur enflait, les habitants avaient organisé une manifestation, puis avaient lancé une pétition. Une délégation, emmenée par le maire de Crisenoy, a même été reçue par Eric Dupond-Moretti pour défendre leur cause. Ces riverains ont également reçu le soutien de l'association écologiste Robin des bois, qui avance certains arguments. Elle estime en effet, que cette bétonnisation va conduire à la disparition de terres agricoles (une centaine d'hectares selon elle) et va accroître les risques d'inondation. La bataille juridique ne fait que commencer.

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