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Covid-19 : la solidarité plus forte que la peur

Plus de 2 millions de cas diagnostiqués et au moins 130 000 morts dans le monde (dont près de 18 000 en France) : non, le nouveau coronavirus n'est pas une « grippette » comme certains esprits imprudents l'avaient affirmé avec aplomb. Encore inconnu en tout début d'année, ce virus a ébranlé nos certitudes et bouleversé nos vies. Confrontée à une pandémie sans précédent depuis un siècle, la moitié de l'humanité (plus de 3 milliards de personnes) est cloîtrée chez elle, flirtant avec la psychose. En France, si le 11 mai prochain marquera la fin progressive de près de deux mois d'un « enfermement » collectif, la partie est loin d'être gagnée. Certes, le nombre de malades en réanimation a tendance à diminuer, mais les établissements hospitaliers demeurent sous tension. Avec 286 morts et 837 hospitalisations (chiffres arrêtés au 15 avril), la Seine-et-Marne n'échappe pas aux affres de cette crise sanitaire. Premier bilan après 30 jours de confinement vécus entre cauchemars et espoirs. Un mois durant lequel tout un pays s'est redécouvert des vertus de courage et de solidarité.
Covid-19 : la solidarité plus forte que la peur

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Les centres de consultation ambulatoire au cœur de la bataille

Il a donc fallu s'inventer une nouvelle vie. Depuis l'instauration du confinement (17 mars) et de l'état d'urgence sanitaire (24 mars), le temps s'est comme figé. Cela fait un mois que la France est à l'arrêt avec son cortège de deuils, de drames et de difficultés économiques et sociales. Personne n'a vu venir cette crise mondiale qui a pris source en Chine. Mais l'heure n'est pas à la désignation de coupables. Non, cherchons plutôt à applaudir et à soutenir des milliers de héros du quotidien, notamment tous ces hommes et toutes ces femmes en blouse blanche qui sauvent des vies chaque jour.

Malgré des moyens matériels et financiers insuffisants, les personnels soignants ont relevé le défi et se sont organisés. Pour éviter une catastrophe sanitaire tant redoutée, des dispositifs ont été ainsi créés. À commencer par les unités de consultation ambulatoire « Covid-19 » destinées notamment à offrir une alternative au 15 (le numéro de secours et d'urgence), à réguler le flux de patients des cabinets médicaux et à soulager les services d'urgence des hôpitaux.

Fruit d'une collaboration entre professionnels de santé et collectivités locales encouragée et encadrée par l'Agence régionale de santé (ARS) et la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), une dizaine de ces structures gratuites ont ainsi essaimé en Seine-et-Marne depuis bientôt un mois. Parmi les villes partenaires, ont peut citer Lagny-sur-Marne, Thorigny-sur-Marne, Le Mée-sur-Seine, Melun, Saint-Fargeau-Ponthierry, Meaux, Lieusaint, Pontault-Combault, Chelles et Roissy-en-Brie. Certaines communes ont mis à disposition des gymnases (Chelles et Lagny) ou des centres sociaux municipaux (Meaux).

Adapter l'offre de soins

« Aller plus vite et plus loin ensemble »,
telle pourrait être la devise adoptée par tous les personnels soignants exerçant au sein de ces centres dédiés à la lutte contre le coronavirus. Le but initial était de désengorger les établissements hospitaliers proches de la saturation. Mais les objectifs se révèlent multiples :
optimiser la prise en charge des patients, éviter des contaminations supplémentaires, décharger les cabinets de médecine générale et centraliser l'utilisation des moyens humains et du matériel de protection devenu rare. En résumé : adapter l'offre de soins.

Un peu partout, le schéma de fonctionnement est identique avec une plateforme téléphonique permettant de centraliser les appels et d'orienter au mieux les patients présentant des symptômes du Covid-19. Des règles strictes encadrent également ce dispositif. Ainsi, l'entrée et la prise en charge ne sont pas autorisées sans l'avis préalable du médecin traitant et sans rendez-vous programmé. Les consignes sanitaires (arrivée et sortie distinctes, distanciation et salle d'attente séparée pour les personnes testées positives) sont également à respecter scrupuleusement. À l'issue de la consultation, le patient peut être redirigé vers un centre de dépistage (ces unités n'ont pas vocation à dépister le virus) ou bien vers un hôpital si son état de santé le justifie.

Ouverte dès le lundi 23 mars, au plus fort de la tempête, l'unité Covid-19 de Lagny/Thorigny a essuyé les plâtres avec succès. Durant les premiers jours, elle a reçu 150 appels téléphoniques quotidiens et a accueilli 40 patients en moyenne. Les cas les plus aigus étaient évacués en ambulance à l'hôpital le plus proche, celui de Jossigny en l'occurrence. Son fonctionnement bicéphale (un centre de régulation dans les locaux de la mairie de Thorigny-sur-Marne et un centre de consultation dans un gymnase de Lagny-sur-Marne) a induit une mobilisation de tous les instants. Au-delà des médecins, d'autres professionnels de santé se sont ainsi impliqués (dentistes, kiné, infirmières).

Lagny et Chelles, les exemples à suivre

A Chelles, l'unité Covid-19 a ouvert ses portes le 30 mars avec les mêmes principes appliqués par les autres structures du département : information, orientation et prise en charge. « On a fait le constat que l'organisation habituelle des soins ne pouvait pas s'adapter à une telle crise, explique Pascale Thierry, médecin libéral et membre de l'équipe de coordination. Le but n'était pas non plus de devenir des services d'urgence bis. On est donc parti un peu à l'aveugle, mais finalement, on a vraiment l'impression de répondre aux besoins des hôpitaux et des patients. Ce mode de fonctionnement nous satisfait. »

Là aussi, les résultats sont probants. « Jusqu'à vendredi dernier, nous avions encore 150 appels par jour, précise le docteure Thierry. Depuis, ils ont tendance à stagner. Le confinement produit ses effets. Les gens peu malades comprennent notre démarche et nous appellent moins. Ils gèrent mieux la panique et le stress. » Comme à Lagny, l'unité de Chelles a également noué de solides partenariats avec un laboratoire de ville, des psychologues, des radiologues et un pneumologue. 15 psychologues se sont même organisés en pool pour assurer des téléconsultations destinées à rassurer les personnes les plus anxieuses.

Avec un déconfinement programmé le 11 mai, quel va être l'avenir de ces unités spécifiques ? « Il y a beaucoup d'incertitudes par rapport à cette sortie, répond le docteure Thierry. Nous allons nous concerter avec la mairie. Le but est de nous ajuster à la demande. On envisage donc de raccourcir nos vacations pour les consultations. On souhaite libérer quelques heures, afin, par exemple, d'effectuer des visites dans les Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées) qui en feraient la demande. » Dans cette bataille contre cet ennemi invisible, la prévention et la solidarité demeurent de précieux alliés.

Les unités Covid-19 de Seine-et-Marne :

Chelles :
01 64 72 85 35

Meaux :
01 64 35 01 30

Lagny/Thorigny :
01 60 07 89 40

Le Mée-sur-Seine/Melun :
01 78 49 96 64

Lieusaint :
01 64 88 47 47
et 01 81 14 18 00

Pontault-Combault :
07 72 13 37 70

Roissy-en-Brie :
01 60 28 15 89

Saint-Fargeau-Ponthierry :
01 60 65 20 20 (mairie)

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