Convention IPE : la combativité dans tous ses états

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Convention IPE : la combativité dans tous ses états
© MSM - Stéphane Torrent, inspecteur animateur chez AG2R, et Sarah Ourahmoune, vice-championne olympique de boxe..

La convention annuelle d'Un instant pour entreprendre, portée par AG2R La Mondiale et animée par son fondateur Stéphane Torrent en compagnie d'invités inspirants, s'est tenue dernièrement au musée aéronautique et spatial de Safran sur le thème « la combativité au service de l'entreprise ».

Sarah Ourahmoune est l'incarnation même de la combativité. Elle découvre la boxe dès 14 ans, presque par hasard, alors que la boxe au féminin n'est pas encore autorisée en compétition. Passionnée par ce sport, elle résiste aux préjugés sur les femmes, à la peur de certains de ses proches. Elle décroche son premier titre de championne de France en 1999 (titre qu'elle a remporté dix fois), tout en poursuivant ses études pour devenir éducatrice spécialisée.

© MSM - Quelque 500 personnes étaient présentes à la convention.

Après avoir mis en pause sa carrière sportive en 2003, elle reprend le chemin des ring en 2007, pour devenir championne du monde un an plus tard. Suivent ensuite quatre ans de préparation pour les Jeux olympiques de Londres 2012, marqués aussi par la création de l'association Boxer inside club (qui propose notamment des cours de boxe pour femmes avec une halte-garderie) et la reprise d'études en parallèle à Sciences Po.

Ces quatre ans ne seront finalement pas récompensés, la championne ne parvenant pas à se qualifier pour les JO de Londres. « Huit minutes se sont écoulées et c'était la fin. J'ai décidé d'arrêter ma carrière à trente ans, a-t-elle témoigné. J'avais cette envie d'entreprendre et de me consacrer à ma vie familiale ». Devenue alors maman, créatrice de l'entreprise Boxer inside, et conférencière en entreprise, la boxeuse décide de se lancer un ultime défi : participer les JO de Rio 2016. « Les portes se sont vite fermées, je n'avais pas le profil, en tant que mère, entrepreneure et âgée de 34 ans », a précisé d'emblée la championne.

Malgré cet environnement hostile, la boxeuse garde un sentiment d'inachevé. « Je savais pourquoi j'avais échoué en 2012 et il me fallait me reconstruire mentalement ». Qualifiée aux JO de Rio en 2016, elle finira vice-championne olympique. La clé de ce succès ? « La combativité n'est pas l'agressivité, c'est plutôt un état d'esprit, qui consiste à ne rien lâcher, à aller au bout de son combat, estime Sarah Ourahmoune. Il faut rester lucide, trouver les ressources en soi pour se dépasser et faire face ».

Un combat transposé par Stéphane Torrent aux dirigeants des TPE/PME, eux aussi confrontés à de multiples freins et échecs. Michel Catalano, l'imprimeur dont l'entreprise a été ravagée lors de l'assaut lancé par le GIGN contre les frères Kouachi, a dû faire face à une tout autre forme de combativité. « Quand ils ont sonné à la porte, je ne m'attendais pas à ce combat, celui d'un être humain face à la vie », a-t-il d'abord lancé.

Confronté au choix de saisir une arme posée face à lui, ce sera finalement la raison qui l'emportera. « Je rejoins Sarah, la combativité c'est aussi l'intelligence, l'analyse sans recours à la violence », a-t-il souligné, indiquant ne pas avoir imaginé que ses combats de chef d'entreprise lui serviraient ce jour-là. Toujours confronté aux difficultés, notamment financières pour son entreprise, le projet « de toute sa vie », Michel Catalano reste positif. « Je me battrai encore et je ne lâcherai rien, c'est ça aussi la combativité », a-t-il finalement clamé sous les applaudissements.

© MSM - Michel Catalano, Delphine Deborde, Marc Germanangue

Le réseau IPE impliquant ses membres dans la RSE, Delphine Deborde et Marc Germanangue ont ensuite respectivement présenté l'association Unissons, chargée d'accompagner des personnes fragilisées par la maladie, et l'Institut de l'engagement, qui permet à des jeunes issus du Service civique, de tous profils et origines sociales, d'être soutenus lors d'un projet de création d'activité ou de formation professionnelle.

Deux moyens permettant de mettre la combativité au service du territoire, objectif cher à IPE. « Choisir son association c'est important, c'est maintenant qu'il faut aider », a rappelé Stéphane Torrent. Invitant le public à se rendre en janvier dans sa salle de boxe dédiée au team building, Sarah Ourahmoune a conclu la conférence en indiquant : « finalement, la combativité c'est un vrai combat intérieur, c'est l'acceptation des difficultés, de la peur et du stress pour pouvoir avancer sereinement ».




Quentin CLAUZON
Journaliste

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