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Chefs d'entreprise : réagir vite, c'est guérir !

Maxime Lebreton, administrateur judiciaire associé au sein de la principale société d'administrateurs judiciaires AJAssociés, s'est récemment installé en Seine-et-Marne. Les procédures amiables de prévention des difficultés gagneraient à être mieux connues des chefs d'entreprise, selon ce professionnel.
Chefs d'entreprise : réagir vite, c'est guérir !
@ DR - Les administrateurs judiciaires d'AJAssociés, de gauche à droite : Maxime Lebreton, Nicolas Gricourt, Charles Gorins, Alain Miroite, Christophe Bidan, Lesly Miroite, Céline Pelzer, Franck Michel, Céline Maschi, Yves Bourgoin, Serge Préville, Nicolas Deshayes et Hervé Coustans.

ÉconomieVie des entreprises Publié le ,

Si le recours au mandat ad hoc et à la conciliation a tendance à augmenter, ces procédures amiables de prévention des difficultés sont encore trop peu connues par les chefs d'entreprise, pour cet administrateur judiciaire implanté à Melun. Pourtant, selon lui, les dirigeants auraient intérêt à y faire appel au plus tôt pour obtenir une solution de retournement efficace qui préserve au mieux l'activité. Certains signes, qui traduisent une difficulté sérieuse, doivent alerter le chef d'entreprise. En étant informé, ce dernier peut souvent éviter à terme la procédure collective en faisant appel une étude d'administrateurs judiciaires dans le cadre totalement confidentiel du mandat ad hoc ou de la conciliation. Pour pouvoir être ouvertes, ces procédures nécessitent une réaction immédiate du chef d'entreprise face à certains signaux d'alerte.

Les événements qui doivent alerter

Maxime Lebreton explique que plusieurs signaux annoncent à plus ou moins brève échéance mais de manière certaine une difficulté de trésorerie à venir, pouvant mener à terme à l'état de cessation des paiements de l'entreprise et a fortiori à une procédure collective aux effets quasi-irréversibles pour la plupart des entreprises. Le mandat ad hoc ou la conciliation, s'ils sont pris à temps, peuvent guérir l'entreprise.

Aussi, lorsque le poids de l'endettement devient insurmontable, si la rentabilité de l'entreprise se dégrade et que les échéances deviennent trop lourdes, les procédures amiables permettent de renégocier la dette en corrélation avec les nouvelles capacités de l'entreprise. Si la situation le permet, le mandataire ad hoc ou le conciliateur peuvent assister l'entreprise pour trouver des solutions de financement adossées afin de passer un cap difficile.

De même, l'alerte donnée par le commissaire au compte est souvent corrélée à un risque de rupture de continuation de l'activité que le CAC peut évaluer à tout moment. La conciliation, qui permet de suspendre l'alerte, est une réponse à ces signaux.

La dénonciation des découverts et la perte de l'assurance-crédit fournisseurs ou la réduction des délais de paiement doivent aussi faire l'objet d'une réaction immédiate de la part du chef d'entreprise avant que l'entreprise ne soit contrainte de tirer au maximum sur ses délais fournisseurs, ce qui peut aboutir à un blocage des approvisionnements que la procédure collective ne résout pas en cas de retard fournisseur devenu trop important.

Enfin, lorsque la nécessité d'un adossement ou d'une cession se fait sentir, le mandataire ad hoc ou le conciliateur peuvent assister l'entreprise dans la recherche de partenaires pour la mise en œuvre d'une cession « prepack » ou d'un adossement in bonis qui pourra faire l'objet d'un constat ou d'une homologation par le Tribunal.

Rappelons enfin que les dirigeants en détresse peuvent faire appel à l'Apesa, une structure de soutien psychologique créée en 2016 dans le département.

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