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Charles Percier, un artiste aux mille facettes

Du 18 mars au 18 juin 2017, le château de Fontainebleau met en lumière le travail de Charles Percier (1764-1838). Dessinateur, concepteur mais aussi professeur, cet architecte s'est illustré dans une période instable par son génie créateur, qui n'avait encore jamais fait l'objet d'un travail d'ensemble.
Charles Percier, un artiste aux mille facettes

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D'ordinaire associé à son ami Pierre Fontaine (1762-1853), auprès duquel il collaboré pendant près de 20 ans, Charles Percier, architecte-décorateur au travail prolifique, méritait une exposition présentant son œuvre à part entière.

Avec l'exposition « Charles Percier – Architecture et design », Jean-Philippe Garric, professeur d'histoire de l'architecture à l'université Paris I Panthéon Sorbonne, et Vincent Cochet, conservateur du patrimoine, ont souhaité répondre à ce défi, au travers d'une rétrospective faisant état des multiples activités de celui qui était « célébré de son vivant comme un dessinateur hors pair, un concepteur à la mode, et un professeur respecté ».

Prêtées par les plus grands musées français, mais aussi par le Metropolitan Museum of Art de New York, les quelque 150 œuvres présentées au château de Fontainebleau font état de toute la maîtrise d'un artiste ayant opéré sous la Convention, le Directoire, l'Empire et la Restauration. Cette mise en lumière du travail de Charles Percier est l'occasion, pour Jean-Philippe Garric, de découvrir toute la « polyvalence » d'un véritable bourreau de travail.

Des bâtiments publics, églises et autres palais, en passant par le livre, la gravure, la ferronnerie ou encore l'horlogerie et le mobilier, la créativité de Charles Percier semble n'avoir eu aucune limite.

Dans le cadre somptueux du château de Fontainebleau, le visiteur suit notamment la vie du professeur d'architecture, qui commence le dessein en tant qu'élève d'Antoine François Peyre, à l'Ecole gratuite de dessin. Issu d'une famille modeste, Charles Percier sera très vite remarqué par ses contemporains, après l'obtention du Grand prix d'architecture en 1786.

C'est à cette période qu'il est envoyé à l'Académie de France à Rome, où il se passionnera pour les monuments d'antiquité, toujours en compagnie de Pierre Fontaine. De ces années en Italie, Charles Percier ramènera une centaine de dessins, qui, comme le précise Jean-Philippe Garric, « le suivront tout au long de sa vie ». Il forme ensuite son propre atelier en France, d'où il tirera d'autres rencontres, présentées par exemple sous la forme d'une bague, témoin de certains rituels propres aux bâtisseurs.

Pour le plaisir des yeux, de superbes compositions ornementales sont alignées quelques pas plus loin, dont celle réalisée par Charles Percier sous l'impulsion de Pierre Didot, l'invitant à créer des vignettes pour une édition de luxe des œuvres d'Horace. Pour Jean-Philippe Garric, ce travail contribuera grandement à faire connaître cet architecte « multi-facettes ».

De surprise en surprise, le visiteur se prend à rêver en contemplant les créations principalement tirées du « Recueil des décorations intérieures », un ouvrage également dessiné et gravé par Percier lui-même. Ces pièces de mobilier rendent compte de « la traduction en trois dimensions de l'oeuvre de Percier, parfois associé avec Fontaine », comme en témoigne Vincent Cochet.

Mais l'œuvre la plus marquante de l'exposition est sans doute celle du Fauteuil du Trône de napoléon Ier, qui repose habituellement au Louvre, et témoigne des travaux effectués au service des puissants d'alors.

Enfin, Percier est à l'origine de nombreux aménagements dans le musée du Louvre, ainsi que du projet de création de la Rue de Rivoli.

Une contribution qui achève de dresser le portrait de cet artiste à qui l'on prête un éclectisme d'avant-garde, et dont l'exposition est à déguster sans modération !

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