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Benoît Fraslin : « il faut garder notre sang froid »

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Benoît Fraslin :  « il faut garder notre sang froid »
@ DR

Directeur du centre hospitalier Sud 77 (qui regroupe les établissements de Fontainebleau, Montereau et Nemours), Benoît Fraslin fait le point sur la situation sanitaire en Seine-et-Marne.

Comment le département fait-il face à l'épidémie du Covid-19 ?

Globalement, nous avons pu anticiper cette crise et un pilotage régional a pu être mis en place. Mais en raison notamment des déplacements, l'Île-de-France a été touchée par les effets du foyer épidémique situé dans l'Oise. Si bien que le Nord de la Seine-et-Marne est plus impacté que le Sud, les chiffres le démontrent très clairement. Il y a également un lien avec l'urbanisation. Des zones comme Marne-la-Vallée et Sénart sont davantage atteintes. Enfin, concernant les sites hospitaliers, c'est celui de Marne-la-Vallée, à Jossigny, qui est le plus affecté, ainsi que plusieurs cliniques.

Quelle est la situation au sein du CH Sud 77 ?

Le site de Fontainebleau n'est pas sous pression, mais il est davantage exposé que ceux de Montereau et de Nemours (au moment de cet entretien réalisé le 24 mars, 9 personnes étaient hospitalisées, dont 2 étaient en réanimation). Le confinement commence à produire ses effets. A quelle vitesse ? On ne le saura qu'au fil des jours.

On évoque une nouvelle vague de contamination prévue pour ce week-end. Le pire est-il encore à venir ?

Je ne suis pas devin, mais quand on analyse les courbes épidémiques, on peut, en effet, s'attendre à une prochaine arrivée accrue de patients. Mais on va aussi vérifier s'il n'y a pas également un phénomène de ralentissement. Dans tous les cas de figure, on a tous revu nos organisations et on est prêt à monter en puissance sur les cas de soins plus critiques, notamment en ce qui concerne le service de réanimation. On va s'adapter en fonction de l'évolution de la situation. En quelques heures, nous sommes capables de faire évoluer notre dispositif.


Benoît fraslin, à gauche, et le maire de Montereau, James Cheron.

Quelle est votre capacité en lits de réanimation et en respirateurs ?

Avec nos 32 respirateurs, nous sommes capables d'armer 32 lits sur les sites de Fontainebleau et de Montereau (16 lits en réanimation et 16 autres lits en unités de surveillance continue). Nous possédons également deux respirateurs de complément et nous en avons commandés 7 autres qu'on espère recevoir d'ici quinze jours.

La question des masques de protection est-elle également cruciale au sein de vos différents établissements ?

Elle ne s'est jamais posée pour les masques chirurgicaux. En revanche, l'approvisionnement est plus tendu en ce qui concerne les masques de protection FFP2. L'entreprise Corning, à Avon, nous en a offerts 4 000, ce qui a permis de doubler notre stock. Avec 8 000 masques et une consommation quotidienne de 500 masques, on a donc une réserve comprise entre 12 et 15 jours.

Parmi vos personnels soignants, certains ont-ils été contaminés ?

Oui, on a eu une personne qui présentait des symptômes. Elle est désormais confinée à son domicile. Nous essayons de tracer au plus près.

Vous gérez également 6 EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes). Quelle est la situation ?

Au moment où je vous parle, il n'y a aucun résident contaminé. Le confinement est contrôlé au maximum. Plus aucune visite n'est autorisée depuis 15 jours, mais il y a forcément toujours des risques avec le passage des professionnels de santé. Nous allons donc encore renforcer notre dispositif.

Avez-vous bénéficié de renforts de soignants étudiants ou à la retraite ?

Pas encore, mais comme nous avons arrêté certaines activités (bloc opératoire, psychiatrie, consultations), nous possédons une réserve sanitaire interne qui représente entre 150 et 200 personnes. On dispose également d'un fichier de médecins retraités volontaires (entre 10 et 15 personnes). Les étudiants et stagiaires, notamment en soins infirmiers, sont au nombre de 125 et enfin, on a accès à la plateforme Renforts-Covid.fr sur laquelle une dizaine de personnes se sont déjà déclarées.

Quelle est votre position sur la question des tests ?

Dans notre centre, nous testons les gens de manière extrêmement ciblée. Depuis le 6 mars, nous avons effectué 74 tests, 14 étaient positifs. On ne peut pas aller plus loin, car les laboratoires ne peuvent pas fournir davantage actuellement et il y a des délais pour les analyses. Il faut savoir que 4 heures sont nécessaires pour réaliser un test complet. Des tests plus rapides sont en train d'être déployés.

Avez-vous un message à faire passer ?

Les gens ont compris l'importance du confinement. Mais il y en a aussi beaucoup qui s'expriment et beaucoup d'informations circulent. Tout cela peut créer de l'affolement. Il faut garder notre sang froid.

Propos recueillis le 24 mars.




MSM REDACTION
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