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Bagneaux-sur-loing : Emmanuelle Cosse rend visite aux sinistrés

La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, était attendue de pied ferme par les habitants de Bagneaux-sur-Loing, pour faire le point sur les inondations du mois de juin, mais aussi étudier le projet de requalification du quartier fortement touché de Fromenceau.
Bagneaux-sur-loing : Emmanuelle Cosse rend visite aux sinistrés
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« Je suis venue à l'invitation du maire pour voir l'état de ce quartier après les inondations », déclarait mardi 26 juillet Emmanuelle Cosse lors de son déplacement à Bagneaux-sur-Loing.
« Nous sommes dans la première phase, celle de l'ébauche » a-t-elle ensuite tenu à préciser.

L'ébauche d'un plan de financement pour la réhabilitation

En effet, la ministre du Logement avait mis un point d'honneur à se rendre dans cette ville particulièrement touchée par les inondations, où l'eau a atteint plus de 1,20 m par endroits. « Je voulais venir pour apporter mon soutien aux habitants et au maire (Claude Jamet, ndlr), afin de constater par moi-même la situation et trouver des solutions de financement ».

La question principale pour la ministre étant de trouver les solutions qui puissent s'inscrire dans la durée. « Il faut redonner une certaine normalité à ces habitants, la phase critique étant passée », a-t-elle poursuivi. Il ne s'agit pour l'instant que d'une première phase avant de réellement démarrer des discussions.

D'autant plus que, selon la ministre, l'Etat intervient de manière indirecte, notamment s'agissant des démolitions. « On est dans un quartier d'habitat social qui a besoin d'être réhabilité, il faut trouver les financements », a-t-elle insisté, précisant qu'il fallait attendre le montage d'une maquette financière pour y voir plus clair.

« Des efforts ont été faits par l'Etat, par la ville et le bailleur concernant la réflexion sur les loyers », a-t-elle rappelé, tout en spécifiant que l'important était de confirmer ce mouvement.
« On va essayer de tirer les enseignements de cette situation », a-t-elle conclu, soulignant qu'il fallait notamment apprendre à mieux gérer ce phénomène, concernant la cartographie des zones à risque mais aussi l'apprentissage des bons gestes en cas d'urgence.

La reconstruction prend du temps

Les stigmates laissés par la violente inondation de juin dernier ne sautent pas directement aux yeux. Il faut se projeter à l'intérieur des habitations, composées à 64% d'HLM sur la ville, pour se rendre compte de l'intensité de la montée des eaux.

La ministre du Logement a donc visité la demeure de Liliane et James Grubert, deux habitants durement touchés par la montée des eaux. Le constat général des habitants reste que si les aides arrivent, la reconstruction prend son temps. Le couple a dû « dîner aux chandelles » et lutter contre le courant sur la rue qui avait atteint une force « impressionnante ».
« On avait de l'eau jusque-là », témoigne l'homme âge de 75 ans, montrant le haut de ses genoux. « Le problème c'est surtout de laver et de nettoyer. »

Sa femme renchérissant, « je n'ai jamais vu une machine à laver se déplacer aussi vite dans une rue », comme pour signifier au flot de visiteurs présents à son domicile la violence du courant.

Plutôt résilient malgré leur situation incertaine, James Grubert a conclu avec malice « on devait être en vacances depuis le 1er juin, mais vous voyez on est toujours là ! ».

Une remise en état estimée à 800 000 euros

Avec une population sinistrée à 82%, comme l'a rappelé son maire Claude Jamet, la visite des Pouvoirs publics devenait urgente. Il faut dire que les Balnéolitains se sont sentis quelque peu laissés de côtés par les secours, affairés auprès des voisins Nemouriens.

88 000 euros ont déjà été dépensés en mesures conservatoires, tandis que le coût total de la remise en état est estimé à 800 000 euros. 224 logements sont concernés par le projet de requalification, Claude Jamet précisant que «l'idée était de repenser la politique du logement» avec un projet reliant le tissu industriel à celui de l'habitat.

Le montant estimatif du projet de requalification atteint les 25 millions d'euros.

Les aides apportées aux sinistrés

Le Fonds d'aide au relogement d'urgence (FARU) a mobilisé près de 300 000 euros en Seine-et-Marne. Le ministère du Logement indique que 120 familles pourront être relogées grâce aux services de l'Etat. 80 familles ont également été relogées dans le parc Sud de la Seine-et-Marne. Enfin, le loyer des sinistrés est pris en charge par ce fonds, dans la durée maximale de 6 mois.

Ensuite, la déclaration de l'état de catastrophe naturelle permet de mettre en branle les assurances pour la rénovation ou la réhabilitation des logements. Dans le cadre de l'Agence nationale de l'habitat (Anah), l'Etat ou les collectivités territoriales, pourront débloquer des fonds en complément du remboursement des assurances en mettant en place des Opérations programmées d'amélioration de l'habitat (OPAH).

Le sauvetage in extremis de la pharmacie

© MSM

La ministre du Logement s'est également rendue dans l'officine de Michel Gérard, le pharmacien de Bagneaux. Bien que touché, le professionnel estime avoir été plutôt chanceux par rapport aux habitants des environs.

« Quand je suis arrivé à 8h10 c'était déjà un torrent, avec la voiture je suis passé par le haut et j'ai pu accéder à pied à la pharmacie », raconte-il, précisant que la rue ressemblait à un vrai « lac » ce jour-là.

« J'ai sauvé ce que j'ai pu, en faisant des choix, étant tout seul dans l'officine », poursuit-il, indiquant que l'eau n'avait pas atteint le niveau de ses voisins.

« Personnellement ce n'est que mon outil de travail, mais toutes les maisons sinistrées autour, ont passé une semaine sans électricité, téléphone, ni eau courante, et c'est plus difficile pour eux de vivre dans cet environnement. »

Presque héroïque, le pharmacien témoigne avoir arraché son matériel informatique pour le disposer en hauteur, afin de sauver les fichiers client. Aujourd'hui lucide, le Saint-Pierrois réalise que sa venue à l'officine aurait pu avoir une toute autre issue. « On a des scrupules, parce qu'à un moment donné on risque notre vie », a-t-il avoué, craignant de se blesser et de se retrouver sans aucun secours. Le pharmacien est plus inquiet pour les habitants que pour lui-même, ayant pu retravailler assez vite.

« J'ai repris au bout de 20 jours après la fermeture en ayant pu sauver la plupart des produits, qui plus tard ont servi aux malades pour redémarrer plus vite. On s'est débrouillé sans internet, à l'ancienne ! », ajoute-il avec le sourire.
Satisfait de la visite d'Emmanuelle Cosse, Michel Gérard estime que cette venue était utile afin de « montrer que malgré le sinistre, la ville renaît, et ce qui est important c'est aussi de montrer que l'activité reprend ».

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