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Ayham Sabra : Le droit dans le sang

Ayham Sabra est avocat d'affaires. Il est le fils de George Sabra, président du Conseil national syrien exilé à Istanbul, sur les rives du Bosphore. Ce jeune homme de 33 ans est arrivé en France le 29 décembre 2011, six mois après les débuts de la révolution et de « la répression sanglante du régime ».
Ayham Sabra : Le droit dans le sang

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Originaire de Qatana, une ville de la banlieue de Damas, Ayham passe toute sa jeunesse dans sa ville natale puis à Damas. Collège, lycée, faculté de droit, il commence à travailler en 2007 pour le cabinet SarkisLawFirm.

L’aventure s’arrête en 2011, le 18 mars, lorsque les premières manifestations contre le régime commencent. Ayham Sabra, qui manifeste lui aussi, tente de défendre les détenus d’opinion. « J’ai fait trois jours de prison une première fois et après m’être fait prendre une seconde fois, j’ai passé un mois dans les geôles ». Ayham ne se plaint pas pour autant, certains de ses confrères croupissent toujours en prison.

Après quelques mois, « la situation est devenue beaucoup trop dangereuse pour moi et surtout pour mon père ». Privés de passeports, ils demandent de l’aide à l’ambassade de France, qui leur fournit des visas, à lui et à ses parents. « Nous sommes passés en Jordanie à pied puis, nous avons pris l’avion pour Paris. » Son père et sa mère partent aussitôt pour Istanbul, siège du Conseil national syrien.

Accueilli par son frère radiologue, habitant à Carcassonne depuis 15 ans, Ayham décide de rester à Paris, hébergé pendant trois mois par des amis. Depuis, Ayham habite dans le 18e arrondissement, dans le quartier de Château Rouge. Une année un peu « galère », entre démarches pour obtenir l’asile et des cours intensifs de français. Le jeune homme dit avoir dépensé tout l’argent épargné en Syrie, « pour se payer ces cours de langue ». En 2013, il décide de s’inscrire en master de droit des affaires, « Je ne l’ai pas encore validé, je travaillais en même temps comme stagiaire chez MB associés. C’était un peu dur de tout faire en même temps, mais il ne me reste que deux matières à passer. »

Qu’importe. En septembre 2014, il est embauché comme juriste par l’association ASML (Association de soutien aux médias libres). Il y travaille jusqu’en juin dernier. « Je voulais revenir à ma profession d’avocat, alors j’ai passé l’examen prévu par l’article 100 organisé par le CNB (il permet aux avocats étrangers d’exercer en France), en mars et je l’ai obtenu ». Ayham a retrouvé un stage mais son contrat s’arrête en décembre. « Je suis à la recherche d’une collaboration. »

Malgré un futur professionnel encore incertain, Ayham est heureux. « L’exercice du droit en France me plaît énormément, j’adore aller au Palais, écouter les plaidoiries, j’apprends tous les jours. » Il est aussi engagé dans le milieu associatif. Il aide les autres migrants à remplir leurs papiers pour l’Ofpra, la Caf ou encore la préfecture. « C’est normal pour moi de leur venir en aide. »

Pour l’instant, Ayham Sabra compte rester en France, mais il conserve l’espoir de retourner en Syrie. « Tous mes amis et une grande partie de ma famille sont encore là-bas. » Bien sûr, « je rêve de mettre tout ce que j’ai appris ici au service de mon pays. » Tant que la Syrie ne se sera pas pacifiée, impossible de rentrer. « Mais je garde espoir, bientôt la guerre sera terminée. »

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