AccueilÉconomieAprès la crise, la FDSEA 77 s'efforce de tourner la page

Après la crise, la FDSEA 77 s'efforce de tourner la page

Elus et adhérents de la fédération agricole se sont retrouvés dernièrement à Nemours pour une 72e assemblée générale riche en émotions. Si l'année 2016 marquera longtemps les agriculteurs du département, la FDSEA 77 a montré sa volonté de combattre pour faire évoluer la profession.
Après la crise, la FDSEA 77 s'efforce de tourner la page

Économie Publié le ,

« Nous avons tous été KO debout ». Arnaud Rousseau, président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles de Seine-et-Marne, n'a pas été avare en mots, lors de la 72e assemblée générale de ce syndicat aux 1500 adhérents, pour rappeler la détresse des agriculteurs frappés par les intempéries de mai et juin 2016.

« Les maraîchers ont perdu une part importante de leur production, les horticulteurs et pépiniéristes n'ont rien vendu, les éleveurs n'ont pas pu récolter leur foin, et en juillet les productions de grande culture ont enregistré la pire moisson de l'agriculture moderne », a-t-il égrené avec gravité. « Jamais je n'oublierai les appel de détresse d'agriculteurs désespérés par une situation que nous ne pouvions imaginer », a-t-il poursuivi.

Des récoltes désastreuses

Pour faire face à cette situation « catastrophique », les agriculteurs seine-et-marnais ont pu compter sur certaines aides de l'Etat et de ses démembrements. La Région a mis en place une aide de 6,6 millions d'euros pour l'achat de semences certifiées. Une initiative jugée pertinente par Arnaud Rousseau, puisque plus de 80 % des agriculteurs y ont eu recours.

De son côté, le Département a débloqué un million d'euros, dont 500 000 euros destinés à 165 exploitations de jeunes agriculteurs. Enfin, l'Etat a mis en place un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti à hauteur de 60 %, représentant une aide de 7,2 millions d'euros en Seine-et-Marne.

Tout en louant ces actions, Arnaud Rousseau a rappelé que pour certains la crise n'était pas finie. Aussi, la mutualité sociale agricole (MSA) d'Île-de-France a d'ores et déjà décidé d'alléger le premier appel de cotisation pour 2017, une décision unique en France. Sera également sollicitée auprès du préfet de région une remise de cotisation 2017 à hauteur de 1,8 million d'euros. En outre, Jean-Jacques Barbaux, président du Conseil départemental, a réaffirmé son soutien en annonçant soumettre au vote une nouvelle aide en faveur des éleveurs bovins laitiers et allaitants.

Remédier aux lacunes de gestion

« La gestion des flux de trésorerie ne suffit plus », a insisté Arnaud Rousseau, précisant que la crise avait exposé les « lacunes de gestion » des entreprise agricoles. « Nous sommes encore trop nombreux à ignorer les coûts de production, les seuils de commercialisation et la maîtrise des charges opérationnelles ou de structure est encore trop négligée », a-t-il ensuite soutenu.

Ce constat dressé, le président de la FDSEA 77 a listé, en relation avec la présentation du rapport d'orientation de la FDSEA 77, une série de propositions visant à « redonner des perspectives et rétablir la confiance ». Pour lui, il est nécessaire de mettre en place une Europe qui protège et réaffirme la place de la PAC (la politique agricole commune, dont les retards et la gestion sont « inacceptables »), ainsi qu'une fiscalité adaptée et des outils de gestion de crises. Mais aussi des filières « solides qui créent de la richesse et répartissent la valeur ajoutée » (les agriculteurs ne veulent plus être la « variable d'ajustement des distributeurs »).

Plus largement, la FDSEA insiste sur la nécessité de procéder à une simplification administrative des normes et des politiques durables « qui sur les sujets de fond ne cessent de varier au gré des gouvernements ». Enfin, Arnaud Rousseau souhaite la mise en place d'un plan d'investissement pour « redonner aux entreprises agricoles et agroalimentaires le goût des projets » (chimie du végétal, énergies renouvelables, numérique…) , tout en donnant une réelle place à l'innovation et à la recherche.

La balle étant désormais dans le camp d'Emmanuel Macron, invité par Arnaud Rousseau à prendre des décisions fortes mais aussi concrètes. Et le président de conclure « la France rurale n'est pas une réserve indienne, les ruraux ne sont pas des sous-citoyens ».

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