Alexandre de Vogué – Vaux-le-Vicomte «Nous avons professionnalisé l'entreprise familiale»

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Alexandre de Vogué – Vaux-le-Vicomte «Nous avons professionnalisé l'entreprise familiale»
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Alexandre de Vogué, est l'un des propriétaires du Château de Vaux-le-Vicomte. Succédant à son père en 2012, il dirige aujourd'hui le domaine avec ses deux frères.


Quelle était votre vision du château et de son développement quand vous avez succédé à votre père ?

Je suis arrivé en 2012 avec la même envie et la même vision des choses que mes frères arrivés l'un avant moi, l'autre après. Il y avait trois raisons principales. La première était que mon père vieillissait et que notre frère était quasiment seul aux commandes à essayer de tout faire. Il était donc de notre devoir de l'aider. La deuxième ce n'était pas n'importe quel château, mais un château familial appartenant à la famille depuis 1 875. C'était un élément important. C'était aussi Vaux-le-Vicomte. Ce n'était pas anodin, pas simplement une maison de famille, mais une très belle raison pour se retrousser les manches. Enfin, nous avons perçu le potentiel de ces lieux, en termes de développement touristique, de développement culturel, de moyens modernes de communication et enfin d'entrepreneuriat. Il fallait professionnaliser l'entreprise familiale. Aujourd'hui encore, c'est un château admiré du xviie siècle qui est admiré pour son architecture et ses jardins.

Vous étiez déterminés à accroître le rayonnement du château sur les scènes culturelles française et internationale ?

En Seine-et-Marne, ce château commence à être connu. Il est temps. Cela fait 50 ans qu'il est ouvert au public. Je crois que nous avons été plutôt bons pour accueillir les Seine-et-Marnais qui constituent depuis toujours, et de loin, notre première source de visiteurs. Viennent ensuite les Franciliens et les touristes étrangers. En revanche au niveau national, beaucoup ne connaissent pas encore le château. Au mieux, ils en ont entendu parler, mais ne savent pas si c'est un château de la Loire ou un palace parisien. À l'international, nous restons assez méconnus. En revanche, les amateurs d'Histoire, d'architecture et de jardins nous connaissent. Pour moi, le château fait bien évidemment partie du patrimoine dU département.

Avec près de 300 000 visiteurs par an, comment le château parvient-il toujours à séduire ?

Ce qui est important pour nous, c'est de séduire et de faire revenir les gens. On a beaucoup de gens qui reviennent à Vaux le Vicomte pour la 3e, 6e ou même 10e fois. Versailles a 7 millions de visiteurs, nous quelque 300 000 et ces derniers vivent l'expérience du Grand Siècle, goûtent l'atmosphère du lieu et participent à tous les événements que nous organisons. Le fait de déambuler dans les jardins avant 11 heures du matin, c'est un plaisir que nos visiteurs ont envie de vivre et de partager avec leurs proches.

En plus d'être un château, peut-on dire que Vaux-le-Vicomte est une véritable entreprise ?

Au début, c'était une entreprise employant une dizaine de personnes. Aujourd'hui nous avons 65 employés et un budget de fonctionnement de 8,5 millions d'euros. C'est une volonté des trois frères de professionnaliser cette entreprise. Si on ne se professionnalise pas à Vaux-le-Vicomte, nous sommes voués à disparaître. Tout cela en raison de l'extraordinaire concurrence qui existent en Île-de-France. Les gens qui voyagent aujourd'hui ont une multitude de propositions de visite. Ils peuvent aller dans les nombreux musées parisiens et dans les parcs d'attractions de la région. Tous se professionnalisent et sont actifs sur les réseaux sociaux. Ils font tous le maximum pour attirer les visiteurs. Nous sommes donc contraints de fonctionner comme une entreprise pour exister aujourd'hui. Si nous n'avions pas fait beaucoup d'efforts, nous n'aurions que 150 000 visiteurs.

Au niveau économique, la simple visite ne suffit plus. Un château doit-il se se diversifier en développant d'autres activités ?

C'est tout à fait vrai. Aujourd'hui, nous développons des sources de revenus très diverses. Nous créons des événements pour inciter la visite. Nous avons une grande affluence quand nous faisons notre chasse au trésor, durant le week-end de Pâques, ou encore avec les Journées Grand Siècle et les Soirées aux chandelles. Tous ces événements attirent du monde. Nous avons également la location d'espaces et les tournages, sans oublier l'incontournable mécénat, qui sont autant de sources de revenus nous permettant d'assurer notre mission de restauration, de maintenance, d'entretien de notre château.




MSM REDACTION
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