« Le parc immobilier “pro” de l'Île-de-France est au troisième rang mondial »

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« Le parc immobilier “pro” de  l'Île-de-France est au troisième rang mondial »
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Vice-présidente de la Région Île-de-France, Alexandra Dublanche est en charge du développement économique, de l'agriculture et de la ruralité. Résolument optimiste sur les atouts de l'Île-de-France pour stimuler l'immobilier d'entreprise, elle s'insurge contre un éventuel redécoupage, à la veille d'une redéfinition attendue du périmètre de la Métropole du Grand Paris.

Dans le contexte du Brexit, percevez-vous des retombées suite aux initiatives et contacts pris à Londres pour inciter des entreprises à s'installer en Île-de-France ?

Paris et l'Île-de-France ont un pouvoir d'attraction indéniable. Au premier trimestre 2018, le record d'arrivées hôtelières a été battu avec un total de 17,1 millions et une augmentation de 4,1 %. Cela va dans le bon sens, celui de notre politique d'attractivité, à l'heure du Brexit des Britanniques. Autre indicateur intéressant : en 2017, les investissements internationaux ont progressé de 16 %. Et, pour la première fois, Paris est jugé plus attractif que Londres par les dirigeants internationaux. Pour attirer des entreprises de Grande-Bretagne en région parisienne, nous avons écrit à 4 000 entreprises et Valérie Pécresse a fait plusieurs fois le voyage à Londres. Nous estimons à 3 500 les emplois directs et 20 000 les emplois indirects induits par de possibles déménagements de sociétés de Londres vers l'Île-de-France. Nous sommes loin devant Francfort.

Pour le seul secteur financier, on parle à terme de 10 000 emplois directs, car nous avons de nombreux atouts en termes d'immobilier et d'écosystème dont le premier quartier d'affaires d'Europe à La Défense et une place financière de dimension internationale. Et nous nous préparons à accueillir d'autres entreprises, dans les secteurs de l'industrie, les datacentres informatiques, l'aéronautique… Nous pouvons faire profiter de l'offre disponible en matière d'immobilier professionnel. L'agence “Paris Région Entreprises” prend à cœur sa mission d'accueillir des entrepreneurs étrangers. Dans ce contexte, il est évident que l'immobilier d'entreprise est un facteur d'attractivité : bureaux, locaux d'activités, quartiers d'affaires qualitatifs, bien desservis comme la Défense. Notre marché de l'immobilier est moins tendu qu'à Francfort ou Amsterdam. Notre vrai compétiteur en termes de capacité d'accueil, c'est Londres. Mais nous sommes jusqu'à 50% moins chers, notamment sur le quartier de la Défense, comparativement aux quartiers d'affaires de Londres. Dans le neuf, l'immobilier d'entreprise est également en hausse de 33 %. L'Île-de-France détient le plus gros stock de surfaces disponibles en Europe. Nous disposons du troisième parc mondial de bureaux derrière Tokyo et New York.

Quelles sont les initiatives récentes de la Région et de ses partenaires ?

Nous créons des quartiers innovants et écologiques avec des écosystèmes modèles comme à Issy-les-Moulineaux ou Sartrouville, autour de la protection de l'environnement, la gestion à bilan positif de l'énergie, le traitement et recyclage des déchets, etc. Et nous donnons également priorité aux équipements éducatifs, comme de nouveaux lycées internationaux. Même si le foncier n'entre pas directement dans nos missions, nous travaillons sur le foncier industriel avec l'orientation “Smart industry”. Nous avons créé un groupe de travail ; nous avons un rôle de coordinateur avec les territoires.

Avez-vous des priorités géographiques ou projets prioritaires ? - par exemple, certains quartiers d'affaires en phase d'amorçage ou de consolidation ?

L'un de nos objectifs est de vraiment faciliter l'implantation d'entreprises, y compris celles engagées dans la production industrielle, la “Smart industry”. Nous voulons également étoffer et moderniser le tissu francilien avec tout ce qui émerge dans le numérique, sans délaisser les secteurs traditionnels. Nous menons des actions en faveur des PME, des pépinières et des incubateurs. Nous les accompagnons pour que ces entreprises, start-up ou non, une fois implantées, restent sur le territoire. Pour les créateurs, 650 lieux, tiers lieux, et espaces de coworking ont été créés, avec un objectif de 1 000. Aujourd'hui, la moitié sont à Paris intra-muros. Nous voulons mettre l'accent sur la grande couronne et les territoires ruraux pour rééquilibrer. Nous accompagnons des projets à Saclay, Roissy-Bourget, La Défense, la « vallée bio » à Villejuif ou encore Marne-la-Vallée.

Qu'entendez-vous par « accompagnement » ?

Nous sommes présents dans les conseils d'administration. Valérie Pécresse, notre présidente, s'y déplace. Moi-même, je préside un GIP (groupement d'intérêt public), Le Grand Roissy - Le Bourget. Nous intervenons aussi financièrement : par exemple, un cofinancement de 20 millions d'euros sur le pôle DigiHall (ex-Digitec) à Saclay, où nous avons déjà financé Additive Factory Hub (2,5 millions d'euros) ; ou encore le centre d'essai des véhicules autonomes de Linas-Montléry (Essonne). Ce sont là de “grands lieux d'innovation”.

À quels indicateurs la Région se réfère-t-elle pour suivre l'état de l'offre sur les projets de construction immobilière ?

Nous suivons les données fournies par trois organismes : l'Observatoire régional de l'immobilier d'entreprise (ORIE), l'Institut d'aménagement et de l'urbanisme (IAU) de la Région Île-de-France, notamment pour la cartographie, et l'Etablissement public foncier d'Île-de-France.

Nous nous appuyons également sur les territoires qui ont une information en temps réel de l'immobilier ou du foncier disponible ainsi que des projets de construction et des futurs locaux disponibles.

À la veille d'une redéfinition attendue du périmètre de la Métropole du Grand Paris, comment devrait s'articuler idéalement la coordination des actions avec les collectivités ?

En termes de compétences sur le développement économique, les régions sont chefs de file (selon la loi NOTRe) à l'exception de l'immobilier d'entreprise qui relève des intercommunalités. Nous sommes néanmoins très sollicités sur ces sujets. Depuis deux ans, c'est pour nous un dossier stratégique. La Métropole est source de fracture du territoire. La Région Île-de-France intègre Paris, la petite et la grande couronnes, avec les territoires ruraux. Nous réfutons une région à deux vitesses et sans solidarité. C'est à l'opposé de nos orientations. Il faut intégrer la ruralité, y compris pour les transports, l'accès à l'emploi, etc. Il est insensé de penser la métropole sans ses territoires agricoles ! Comment lutter contre la pollution, comment dynamiser les transports alors que tout cela se passe à l'échelle de la région? Nous ne comprenons pas comment on pourra traiter un périmètre restreint. Il y a une logique à défendre le périmètre actuel de la Région : elle affiche une croissance démographique à deux chiffres sur la grande couronne… Cela n'a pas de sens de se replier sur des frontières intérieures à la Région. Ainsi, Saclay s'en trouverait exclu ? Cela n'a aucun sens !




MSM REDACTION
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