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Roissy Développement Alain Aubry : « Notre capacité de résilience est forte »

Il évoque la situation et les perspectives économiques d’un territoire fortement impacté par la crise sanitaire.
Alain Aubry : « Notre capacité de résilience est forte »
© Roissy Pays de France

ÉconomieVie des entreprises Publié le ,

Maire de la commune seine-et-marnaise du Mesnil-Amelot, qui jouxte l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, à Roissy, Alain Aubry occupe deux autres fonctions. Il est également vice-président de la Communauté d’agglomération Roissy Pays de France (regroupant 42 communes de Seine-et-Marne et du Val-d’Oise), chargé du développement économique, et président du conseil d’administration de l’agence Roissy Développement Aérotropolis depuis maintenant un an. 

À quoi sert l’agence Roissy Dév ?

C’est une association loi 1901 et l’outil économique de notre intercommunalité. Elle réunit des élus et une majorité d’entreprises. L’objectif est de les associer à la stratégie de développement économique du territoire. Roissy Dév est un trait d’union entre les sphères publiques et privées pour favoriser l’implantation de nouveaux projets à valeur ajoutée et pourvoyeurs d’emplois. Nous accompagnons également les demandes et les besoins des entreprises locales dans le cadre de leur développement ou celles qui rencontrent des difficultés. Enfin, l’agence tient à jour un observatoire économique et promeut le territoire à l’international.

Quelles sont ses principales missions fixées ?

Tout d’abord, il y a l’implantation d’entreprises. Nous recevons et orientons leurs demandes vers les zones d’activité capables de les accueillir. Nous effectuons ce travail en réseau avec les aménageurs, mais aussi avec les agents d’immobilier d’entreprise pour mailler au maximum le marché de l’offre. Nous faisons également la promotion du territoire vis-à-vis de cibles professionnelles et de prescripteurs (salons, presse, réseaux sociaux). Notre territoire compte près de 30 000 entreprises. Afin de faciliter et rationaliser les échanges avec elles, nous participons au développement d’associations de chefs d’entreprise locaux. Celles-ci nous permettent de relayer l’information économique, de proposer des actions communes et d’observer des remontées du terrain. Nous communiquons aussi autour de grands projets comme la ligne 17 du Grand Paris Express, l’Agoralim-Rungis ou le Triangle de Gonesse, qui sont autant de leviers de développement. Les entreprises peuvent y trouver des débouchés en termes de marchés, car ces projets participent à l’attractivité de notre territoire et vont façonner le Grand Roissy de demain.


© Adobe Stock / Aéroport de Roissy

Pouvez-vous dresser un rapide état des lieux de l’économie de votre territoire et quelles sont ses particularités ?

Notre principale singularité réside, bien entendu, dans la présence de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, leader européen du transport passager et du fret et aussi de celui du Bourget, premier aéroport d’affaires européen. Notre économie repose donc essentiellement sur l’industrie et les services aéroportuaires. Notre territoire est d’autant plus atypique qu’il compte 42 communes, à la fois urbaines et rurales, allant de 80 000 à 60 000 habitants. Nous développons nos zones d’activité, mais nous avons aussi sanctuarisé 16 000 hectares de terres agricoles à travers une charte qui nous engage pour les 50 prochaines années.

Votre intercommunalité possède aussi la particularité d’être implantée sur deux départements. Est-ce un avantage ou un inconvénient ?

C’est une force, car tous les territoires environnant l’aéroport sont désormais réunis dans notre agglomération. Et je ne compte pas le secteur de la Seine-Saint-Denis qui, à travers l’Etablissement public territorial Paris Terres d’Envol, collabore avec nous au sein du Club des Acteurs du Grand Roissy, qui associe également la Communauté de communes Plaines et Monts de France.

Comment renforcez-vous vos liens avec la Seine-et-Marne ?

Nous sommes Seine-et-Marnais autant que Val-d’Oisiens. Les liens avec le Département de Seine-et-Marne ou la Communauté d’agglomération du Pays de Meaux, avec qui nous collaborons dans le cadre d’un Groupement d’intérêt public (GIP) Inter-Scot (schéma de cohérence territoriale), nous permettent de bâtir des collaborations utiles pour nos entreprises et nos populations.


© Roissy Pays de France

La baisse du trafic aérien, due à la crise sanitaire, a-t-elle redéfini vos priorités ?

Bien sûr, car 80 % de notre économie reposent sur l’activité aéroportuaire. Avec une croissance de 3,5 % du trafic aérien jusqu’à mars 2020, cette spécialisation nous a permis de financer beaucoup d’équipements, d’attirer de nombreuses entreprises et de créer des emplois. Mais être en mono activité a eu des impacts immédiats sur les entreprises et les ménages riverains, dont beaucoup travaillent sur ou pour la plateforme Paris-Charles-de-Gaulle. C’est pourquoi nous travaillons à une diversification économique de notre territoire, pour obtenir des leviers de croissance complémentaires.

Quel a été l’impact de cette crise ?

L’aéroport est le premier équipement à avoir fermé et il sera le dernier à refonctionner normalement, car il est lié à la situation sanitaire mondiale. Nous avons vu arriver ensuite une crise sociale pour nos populations travaillant dans l’aéroportuaire, mais pas seulement. Les secteurs de l’hôtellerie et de l’événementiel ont aussi été frappés de plein fouet. C’est pourquoi l’agglomération a participé au Fonds Résilience de la Région Île-de-France pour aider les entreprises en difficulté. 633 000 euros ont été mobilisés en 2020 et 2021. Ce fonds a permis d’accompagner 140 entreprises pour un montant total à hauteur 2 474 291 euros et 421 emplois ont pu être préservés. Par ailleurs, la Communauté d’agglomération a décidé d’une exonération partielle de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) à hauteur de 3,6 millions d’euros et d’un dégrèvement de la cotisation foncière des entreprises (CFE) des TPE-PME dans différents secteurs (tourisme, hôtellerie, restauration, sport, culture, aérien et événementiel).

Comment vivez-vous l’abandon des projets du Terminal 4 et d’EuropaCity ?

C’est toujours difficile, car c’étaient des projets porteurs d’emplois et de développement, mais je reste optimiste. Le Gouvernement a demandé à Aéroport de Paris de retravailler une copie axée sur l’aéroport de demain, plus vert et tourné vers l’hydrogène et les biocarburants. Par ailleurs, le projet Agoralim, porté par le Marché d’intérêt national (MIN) de Rungis, nous permet de nous projeter sur la filière agro-alimentaire en favorisant la production locale, les circuits courts, l’innovation et la formation. De plus, Roissy Pays de France a reçu le label national “Projet alimentaire territorial” (PAT).

Vous avez mis en place la plateforme Roissy Dev Emploi. Quelle est sa finalité ?

C’est un service en ligne permettant de trouver facilement et rapidement des offres d’emploi en CDI, CDD, un stage ou une alternance dans différents domaines. Il s’agit d’un méta-moteur mis à jour quotidiennement et qui recense localement toutes les offres disponibles sur les plateformes web.

Comment va évoluer votre politique en matière de formation ?

Nous souhaitons que les formations pour nos habitants suivent les transformations en cours pour pouvoir décrocher un job pour certains et se reconvertir pour d’autres. Je pense à l’accompagnement au numérique pour les créateurs d’entreprise ou pour les dirigeants qui souhaitent digitaliser leur activité. Le Gouvernement est venu annoncer l’installation sur notre territoire d’une Cité scolaire à vocation hôtelière, secteur très présent, mais qui connaît des difficultés pour recruter. Je crois aussi beaucoup à la formation dans le domaine agroalimentaire lié au projet Agoralim.

Qu’espérez-vous de l’année 2022 et comment envisagez-vous la sortie de crise ?

Je reste à la fois vigilant et optimiste. L’année 2022 sera encore fragile, avec une part d’incertitude. Mais notre capacité de résilience est forte et la reprise se fait sentir. Le trafic aérien reprend, le taux d’occupation des hôtels augmente et les visiteurs reprennent le chemin des salons professionnels. Soyons attentifs et positifs !

 

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