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À Thomery, Rosa fait le Bonheur du président

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À Thomery, Rosa fait le Bonheur du président
@ DR - Le président a rencontré des élèves d'une classe de CM2 de l'école Jacquemin dans le cadre du projet "Levez les yeux"

Si quelque 12 millions de visiteurs se sont rendus au sein des édifices patrimoniaux français pour la dernière éditions des Journées européennes du patrimoine, c'est en Seine-et-Marne que le président de la République s'est rendu et plus précisément au sein de l'atelier de Rosa Bonheur pour lancer l'événement. Brigitte Macron, Première dame, Franck Riester, ministre de la Culture, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale et l'animateur et chef de la Mission Patrimoine, Stéphane Bern, étaient présents aux côtés d'Emmanuel Macron pour visiter ce site qui a reçu pour l'occasion 500 000 euros au titre du Loto du Patrimoine.

C'est depuis le Château de By à Thomery, demeure de la peintre naturaliste et animalière Rosa Bonheur, que le président de la République a donné le coup d'envoi des Journées du Patrimoine 2019. En compagnie de Brigitte Macron, Franck Riester, ministre de la Culture, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, et de l'animateur et chef de la Mission Patrimoine Stéphane Bern, le président a visité ce lieu qui fait partie des 18 sites retenus pour la deuxième édition du Loto du matrimoine.

Katherine Brault, passionnée d'Histoire et touchée par l'authenticité du lieu, l'avait acquis en 2017. Autrefois confidentiel, le domaine est désormais au cœur d'un projet culturel, économique et touristique visant à former un véritable pôle autour de Fontainebleau. La Région avait déjà soutenu la réhabilitation et la mise aux normes de la partie atelier du château en offrant 200 000 euros de subventions. À l'occasion de la visite d'Emmanuel Macron, c'est un chèque de 500 000 euros qui a été remis à Katherine Brault. La nouvelle propriétaire doit en effet réunir quelque deux millions d'euros pour finir l'acquisition du domaine et en poursuivre la restauration.

Ses objectifs ? Ouvrir l'ensemble du domaine au public pour une « proposition unique » de tourisme culturel expérientiel, avec l'ouverture de « l'Atelier – Musée », l'aménagement des communs en salle de conférence, séminaire, et réception, l'ouverture d'un salon de thé bio, et la création de chambres d'hôtes afin de séjourner « dans les pas de l'artiste » et de revivre à son époque.

« Malgré son positionnement touristique international, la ville de Fontainebleau ne propose actuellement que très peu d'hébergements haut de gamme », argue la Région, qui ajoute toutefois que le village de Thomery « a de nombreux atouts qui attirent une clientèle exigeante, à la recherche d'authenticité ». Le site historique et la notoriété de Rosa Bonheur ont déjà attiré des visiteurs étrangers (Chinois, Coréens, Américains, Anglais). Le musée de l'atelier développe également un outil numérique de réalité augmentée, qui sera utilisé lors des visites. Les animaux des tableaux peints par Rosa Bonheur devraient « prendre vie et emboîter le pas des visiteurs ». La Région réfléchit également à une application qui permettrait de retrouver toutes les œuvres de l'artiste, quel que soit le lieu où elles sont exposées dans le monde. Un partenariat avec le Metropolitan Museum of Art de New York est par ailleurs envisagé autour du tableau phare qui s'y trouve, “Le Marché aux chevaux“. Katherine Brault souhaite organiser une exposition itinérante dans la capitale et dans le monde pour le bicentenaire de l'artiste, en 2022.

Une artiste avant-gardiste


Labourage nivernais (1849), Paris, musée d'Orsay.

Artiste peintre la plus vendue dans le monde au XIXe siècle, Rosa Bonheur est pour la Région « la référence incontournable de la peinture naturaliste et animalière ». « Elle vénérait la nature et les animaux et a passé sa vie à chercher l'âme dans le regard des bêtes. C'est ce qui frappe dans ses tableaux », souligne la collectivité, qui rappelle que l'artiste a marqué aussi son époque par sa vie romanesque et incarné à plusieurs titres l'émancipation féminine. Première femme à recevoir la Légion d'honneur des mains d'une autre femme, l'impératrice Eugénie, Rosa Bonheur est également connue pour avoir été première femme à être autorisée à porter officiellement un pantalon ; la première à acheter un bien immobilier avec le fruit de son travail, grâce à la vente d'une seule toile. Mais sa « notoriété devenant oppressante », elle dût quitter Paris pour Thomery « en 1859, afin d'y trouver l'espace nécessaire à la confection de ses toiles gigantesques et à l'accueil de plus de 200 animaux en liberté ».

Un patrimoine rare à conserver

C'est au milieu du xve siècle que le Château de By aurait été édifié Détruit en totalité puis reconstruit au début du xviie siècle, il a finalement été rénové et modernisé par Rosa Bonheur en 1859. Les transformations s'étant faites rares, le bâtiment et son parc constituent désormais selon la Fondation du patrimoine « un témoignage patrimonial rare ».

En effet, le château comme l'atelier ont conservé leurs décors peints sur les murs et leur mobilier, mais aussi la plus grande partie des effets personnels de Rosa Bonheur. Outre ses écrits et ses études « nombreuses », le château abrite son laboratoire photographique, ainsi qu'un fonds d'archives qualifié « d'exceptionnel » encore jamais exploré. L'artiste avait confié en 1860 la construction de son atelier à l'architecte Jules Saulnier, avant d'en faire construire un deuxième en 1898.

De style néo gothique, l'atelier de l'artiste et son belvédère dominent la forêt, le village de Thomery et les alentours. Les chênes et les hêtres du parc d'une surface de plus de trois hectares étaient particulièrement appréciés de l'artiste. On retrouve des raisins de Chasselas (les vignes de chasselas ont fait la renommée du village jusqu'au milieu du xxe siècle, qui compte 300 km de murs) sur une partie des murs d'enceinte de la bâtisse.

D'autre part, les fabriques, petites constructions dans le Parc, ajoutent selon la Fondation du patrimoine un intérêt historique et touristique aux extérieurs (Pavillon Louis XVI, serre et verrière, chambre à raisins, écuries).

Le Gouvernement veut « réinventer le patrimoine »

Les Journées européennes du patrimoine ont aussi été l'occasion pour Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, et Franck Riester, ministre de la Culture, de lancer à Fontainebleau l'appel à projets “Réinventer le patrimoine”. Ce dispositif est piloté par Philippe Augier, maire de Deauville, dans le cadre d'une mission confiée par le Premier ministre, Edouard Philippe concernant la « mise en valeur touristique du patrimoine de France ». Il a vocation à « accompagner les collectivités pour offrir une seconde vie à leur patrimoine laissé vacant ».

Le Quartier des Héronnières de Fontainebleau, où se trouvaient les ministres et des élus locaux lors de ce lancement, est « emblématique de cette ambition », avec le château fort de Sedan (transformé en complexe hôtelier) et le hangar Y à Meudon (reconverti en espace événementiel). L'établissement public du château de Fontainebleau en effet lancé en janvier dernier un appel à projets pour la réhabilitation du lieu, qui constitue l'une des plus importantes dépendances du château. Il se compose de 11 corps de bâtiment formant un quadrilatère entourant un bâtiment central, pour une surface bâtie totale de 12 851 m². « Véritable projet urbain, la réhabilitation du quartier des Héronnières constitue un levier d'attractivité pour le territoire bellifontain et une réelle opportunité pour le développement du château de Fontainebleau », déclarait alors Jean-François Herbert, son président. Cette ancienne Grande Ecurie du Roi est en effet l'une des plus importantes dépendances du château de Fontainebleau. Elle est également classée au titre des Monuments historiques.

L'appel à projets lancé par le Gouvernement doit permettre de « sélectionner 10 sites à valeur patrimoniale ou architecturale et de soutenir leur réhabilitation en projets hôteliers, culturels, évènementiels ou tiers-lieux, en facilitant la rencontre d'intérêts publics et privés à travers un fonds d'ingénierie d'un montant d'un million d'euros ». Ce fonds, lancé en mai dernier, est le fruit d'une collaboration interministérielle. Il est cofinancé par la Banque des territoires et le ministère de la Cohésion des territoires. Les collectivités ont jusqu'au 15 novembre pour envoyer leurs candidatures à : ingenierie@atout-france.fr. Elles peuvent récupérer le cahier des charges sur le site d'Atout France : www.atout-france.fr.




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