AccueilCollectivitéA la prison de Melun, des détenus formés aux métiers du web

A la prison de Melun, des détenus formés aux métiers du web

Le centre de détention propose à ses pensionnaires des formations au numérique.
A la prison de Melun, des détenus formés aux métiers du web
© Adobe Stock

TerritoiresCollectivité Publié le ,

Sur les écrans d'ordinateur, une succession de lignes de codes informatiques, qui leur permettra peut-être de mieux se réinsérer. À mille lieues de l'habituel et rébarbatif travail en prison, des détenus de Melun sont formés, puis embauchés sur place comme développeurs web.

Un silence studieux règne dans la petite salle de classe. Quatre détenus sont plongés dans leurs feuilles d'exercices et tentent d'appliquer les consignes sur l'écran. « C'est compliqué », souffle Hamza, 35 ans. Son voisin Djamel, 34 ans, lui, a ramassé les poubelles, distribué les repas ou a assemblé des pièces. Mais il ne connaissait pas du tout  le métier de développeur et a découvert ici les subtilités de la programmation et des langages HTML, CSS et Javascript. Ce “plus” sur son CV lui permettra peut-être de trouver un emploi rapidement à la sortie. « Les détenus qui travaillent sont mieux réinsérables », répète le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, dont le projet de loi, débattu depuis le 18 mai à l'Assemblée nationale, consacre un volet au travail en détention.

Une fois terminée leur formation de six mois, les détenus concernés pourront être embauchés — dans la pièce d'à côté — dans l'agence web Code Phenix. Ce projet, inédit en France, a été lancé il y a deux ans pour remplacer le cercle vicieux de la récidive par un cercle vertueux axé sur la réinsertion, par les métiers du numérique.

Ceux-ci étaient inexistants en prison, où la majorité des détenus qui travaillent effectuent des tâches manuelles, répétitives, non qualifiantes et payées entre 25 et 45 % du Smic. « Les clients sont pour l'instant surtout des associations, explique Brieuc Le Bars, directeur et formateur de Code Phenix, qui n'emploie que des détenus. On leur fait rencontrer un maximum de développeurs pour démystifier le métier et leur faire prendre confiance en soi. » Mais le centre de détention de Melun, spécialisé en longues peines, reste une exception dans le paysage pénitentiaire français. Ici, 65 % des près de 300 détenus travaillent, alors que la moyenne nationale tourne autour de 30 %. Le projet de loi du ministre prévoit un contrat de travail pour le détenu et des droits sociaux.

« Cela structure, équilibre et apaise la détention », complète le directeur de la prison de Melun, Patrick Hoarau. Son établissement abrite aussi une métallerie et une imprimerie. Une centaine de détenus y travaillent pour des entreprises privées et pour les ministères de la Justice et de l'Intérieur.

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?