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Procès

10 ans de réclusion pour une expédition punitive

La cour d'assises de Seine-et-Marne, à Melun, a condamné un chef de chantier turc pour la mort d'un ouvrier kazakh à Villeparisis en 2018.
10 ans de réclusion pour une expédition punitive
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Au terme d'une semaine de débats, Erdal Dogan, 34 ans, a été déclaré coupable d'avoir porté le coup de couteau mortel à Ziyametdin Adilov, un travailleur clandestin, le 27 octobre 2018 devant le domicile du Kazakh à Villeparisis. Dans ce dossier se déroulant dans le milieu du BTP, dix hommes de la communauté turque comparaissaient à Melun pour violences en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

La justice leur reprochait de s'être rendus en groupe chez Ziyametdin Adilov pour venger la gifle que ce dernier avait donnée quelques heures plus tôt à son employeur qui tardait à le payer pour un chantier au noir. « Il y a d'abord une atteinte narcissique sur fond d'alcool », puis la « volonté de donner une bonne correction » et de « montrer qui est le patron comme dans un mauvais film mafieux », avait affirmé l'avocat général Marc Lifchitz lors de ses réquisitions. Le magistrat avait réclamé 15 ans de réclusion, évoquant « des faits d'une sauvagerie extrême » et « une victime agonisant pendant 45 minutes ».

Outre le protagoniste de l'affaire, son grand frère a été condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis. Des témoins l'ont décrit portant des coups à la victime avec une batte de base-ball lors de l'altercation nocturne. Les huit autres accusés ont tous été acquittés au bénéfice du doute. Leur défense avait demandé à la cour d'avoir le « courage d'acquitter ces pères de famille qui n'ont rien fait ».

« Il n'y a aucun élément matériel, aucune organisation. On tente d'obtenir une condamnation à tout prix », s'était emporté Me Jean-Christophe Ramadier, l'un des avocats des accusés. Comparaissant détenu, seul Erdal Dogan s'est maladroitement défendu à l'audience. Tout au long de l'instruction, ce père de deux enfants avait reconnu avoir porté le coup de couteau fatal à la cuisse du Kazakh. Il affirmait cependant l'avoir donné dans un geste de défense au cours d'une rixe. Avant de brusquement se dédire : « j'assume du début à la fin dans cette histoire. Ca fait trois ans que je suis incarcéré, mais aujourd'hui, je souhaite vous dire la vérité : je ne suis pas l'auteur du coup de couteau ! », a clamé le protagoniste de l'affaire face à une salle éberluée. Mais cette position inconfortable a été aussitôt ébranlée par l'avocat général et le président de la cour d'assises, qui l'ont mis en difficulté face aux différents éléments du dossier. Le lendemain, nouveau revirement : l'accusé a finalement rétracté ses rétractations...

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