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« Seine-et-Marne, l'Avenir en Grand »

Après Jean-Jacques Barbaux, décédé prématurément, et Jean-Louis Thiériot, entré à l'Assemblée nationale, Patrick Septiers accède à la tête du Conseil départemental en cours de mandat. Il était auparavant vice-président, chargé d'abord de la culture, puis des finances et de l'attractivité. Candidat à sa succession, il revient sur ces trois années de présidence, notamment marquées, par la crise sanitaire qui a frappé le monde.
« Seine-et-Marne, l'Avenir en Grand »
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TerritoiresInfos région Publié le ,

Quelles sont les grandes étapes de votre mandat ?

La concertation est un point fort de ma gouvernance. J'ai besoin de beaucoup de contact et d'écoute avec le terrain. C'est la raison pour laquelle nous avons lancé des grandes assises, de l'éducation, du tourisme, de la ruralité… Le Département souhaite en lancer d'autres, pour être vraiment en prise avec le territoire. J'ai souhaité avoir la vision de la Seine-et-Marne des acteurs de terrain, à moyen et long termes. J'ai fait le tour de toutes les intercommunalités pour parvenir, avec tous ces acteurs de terrain, à bâtir un projet de territoire seine-et-marnais, à travers des choix consensuels. Avec, bien sûr, des élus des différentes intercommunalités, des communes, mais aussi avec les grands acteurs du développement économique, social et environnemental. J'ai voulu à la fois gérer le présent, mais aussi engager la Seine-et-Marne vers l'avenir, de façon consensuelle.

Notamment la sortie de la marque de territoire qui a été un moment fort de votre mandat.

Nous avons fait le constat que la Seine-et-Marne devait être mieux connue et plus respectée en Ile-de-France. Nous avons donc créé cette marque de territoire “Seine-et-Marne, Vivre en grand”, qui constitue aujourd'hui la bannière sous laquelle tous les grands acteurs sont réunis et valorisent le département. C'est un facteur d'attractivité indéniable. La Seine-et-Marne représente la moitié de l'Ile-de-France. Nous avons 12 000 nouveaux habitants par an et nous voulons que tout cela soit régulé pour que nous préservions notre qualité de vie.

Il ne faudrait pas croire que le Département ne compte que des cités dortoirs et que nous accueillons les déchets du Grand Paris Express. Ce respect nécessaire est aussi mon combat, aux côtés des autres présidents des départements franciliens, pour mettre en place des accords, à travers le FS2i, notamment les Fonds de solidarité qui rapportent au département 13 millions d'euros par an. Nous avons réussi à créer des relations amicales, qui contribuent à faire respecter la Seine-et-Marne, en Ile-de-France.

Ces trois ans ont-ils suffit à mettre en place toutes vos ambitions pour le Département ?

Non, bien évidemment. Il y a les ambitions d'ailleurs issues du programme de 2015, puis celles qui viennent au cours de la crise sanitaire. Cette dernière a bloqué un certain nombre de développements, mais elle a aussi permis de créer d'autres choses. Elle a notamment prouvé que le département était vraiment l'échelon de proximité, au moment où l'État était un petit peu ailleurs. C'est quand même le département qui a acheté les masques pour les médecins, pour les hôpitaux, pour les maisons de retraite… Avec le gel hydro alcoolique, les surblouses… cela représente un budget de 13 millions d'euros. Et surtout, si nous n'avions pas été là, la situation aurait été plus compliquée.

Vous êtes même allés au-delà des compétences du département…

Si on nous avait dit, un mois avant le déclenchement de la pandémie, que le Département allait se transformer en acheteur sur le marché mondial et affréter des avions pour aller chercher des masques, personne ne l'aurait cru. Il y a eu des décisions politiques à prendre qui n'étaient pas simples. Il y a aussi eu une grande motivation du personnel et des gens dont ce n'était pas le métier qui se sont reconvertis de façon exceptionnelle.

Il fallait que les finances du Département soient saines, sinon, où aurait-on trouvé l'argent pour les 45 millions des plans de relance et les 13 millions pour les masques et la gestion de la Covid. Heureusement, le Département est bien géré, ce qui nous a permis de faire face à la crise sanitaire et d'avoir aujourd'hui un niveau d'investissement comme il n'y en a jamais eu en Seine-et-Marne. Au budget 2021, ce sont 270 millions d'euros d'investissement, un niveau jamais atteint. Nous avons, par ailleurs, un taux de remboursement de l'emprunt de 2,9 années, ce qui est tout à fait exceptionnel. Pour les agences de notation, nous sommes parmi les trois départements les plus gérés de France.

Nous diminuons la dette pour investir et pouvoir, dans des cas difficiles comme ceux que nous avons vécu, être présents auprès des entreprises et des habitants.

Le Département n'est pas en charge du volet économique, pourtant, vous êtes intervenu à ce niveau-là.

Pendant la crise, l'Etat avait besoin de tout le monde. Il n'y avait plus de problèmes de compétences… Le Département a abondé le Fonds résilience de la Région. Nous avons également aidé les restaurateurs, les artisans, le secteur du tourisme, du spectacle, de l'événementiel, les Ephad… Nous avons aidé tous ceux que nous devions aider et nous avons aussi mis de l'argent de côté pour le RSA et pour la prochaine rentrée. Nous pensons qu'elle va être un peu compliquée pour un certain nombre de personnes.

L'objectif, c'est de ne laisser personne au bord du chemin; à la fois au niveau économique, mais également en matière de solidarité.

Vous êtes candidat à votre succession, avec la volonté de bénéficier d'un nouveau mandat pour aller plus loin ?

Nous venons de lancer les projets de territoire, et une série de cahiers de réflexion, avant de passer à la mise en œuvre. C'est vrai pour le plan vélo, le plan santé, la plateforme d'alimentation des collégiens, avec les agriculteurs. Nous avons également la marque du territoire à faire vivre, lancer la construction de nouveaux collèges, le développement des transports, du réseau routier. La fibre optique sera, quant à elle, totalement déployée en 2023. Le travail n'est jamais fini, il y a beaucoup de choses qui restent à faire.

Il y a également tout le travail avec les communes et les intercommunalités. Nous avons une politique contractuelle très forte pour aider à la réalisation de projets locaux. Il y a aussi les Jeux olympiques de 2024, sur lesquels le Département est très impliqué, à travers de gros équipements. Nous avons une base olympique, nous venons de passer des accords avec la Fédération d'athlétisme. J'espère en passer avec d'autres fédérations, celle de canoë, notamment. La Seine-et-Marne sera une terre de Jeux, une terre d'accueil des équipes olympiques… Tout cela, il faut le préparer et le mettre en place.

Nous avons parallèlement une action forte sur le cyclisme. Nous allons accueillir des étapes du Tour de l'avenir et j'espère bien qu'une partie de la course olympique cycliste se déroulera en Seine-et-Marne. Nous avons de grands enjeux d'attractivité et de développement tout à fait essentiels qui se profilent.

Le temps du mandat de six ans est-il adapté à la mise en œuvre des grandes réformes sur un territoire ?

Durant ce mandat, nous avons lancé des projets qui commencent à prendre forme. C'est bien de pouvoir aller jusqu'à leur aboutissement. C'est bien d'avoir une certaine vision de la Seine-et-Marne, une vision forte, partagée. Nous devons aussi éviter la fracture territoriale. Le Département a une partie urbaine, et une partie rurale. Il faut bien trouver la cohésion et la cohérence de tout ce système qui est essentiel à l'équilibre, avec d'autres préoccupations comme la préservation de la biodiversité, de la nature, la préservation des paysages, sans jamais oublier le développement.

Pour que tout fonctionne, il ne faut pas qu'on nous l'impose. Cela ne peut pas se faire sous pression. Pour être assez fort et préserver cet état d'esprit, nous devons être unis et financièrement indépendants. Il faut avoir des objectifs et les idées claires.

Après cette crise, le taux d'abstention à ces Départementales devrait être important ? Quels sont les arguments forts qui devrait pousser les électeurs aux urnes ?

Je pense qu'il peut effectivement y avoir une abstention assez forte. Pourtant, ces élections sont importantes. La vie quotidienne des Seine-et-Marnais et leur avenir en dépendent. C'est ça qui est intéressant dans le département. Nous gérons la vie quotidienne, les routes, les collèges, la solidarité, la vie associative… On prévoit aussi l'avenir, à travers les grands équipements, des grandes infrastructures dont le territoire a absolument besoin. Il faut les concevoir, les commencer, les mettre en place… Et cela nécessite du temps.

Le Département est l'échelon le plus important pour les administrés…

On l'a bien vu pendant la crise. Les communes étaient là. Elles ont travaillé, mais ce ne sont pas elles qui sont allées chercher les millions masques… C'est le Département qui est allé les chercher, avec la Région. C'est quelque chose d'indispensable.

La Covid-19 a d'ailleurs prouvé l'importance du rôle du Département…

Au sommet de l'État, la gestion de cette crise sanitaire a modifié les réflexions sur l'organisation de la République. Je pense que le Département a reconquis sa place essentielle dans la structure administrative. Aujourd'hui, le couple président-préfet a montré son efficacité. C'est absolument essentiel face aux grands enjeux que nous affrontons. J'espère qu'on n'aura pas ce genre de crise de façon répétitive, impactant les enjeux d'infrastructure sur les grands projets de développement. Évidemment, il faut que ces sujets soient traités localement, à un niveau qui associe moyens et poids politique.

Avez-vous un slogan pour votre campagne ?

Mon slogan, c'est “Seine-et-Marne, l'Avenir en Grand”. Le département couvre la moitié de l'Île-de-France, donc l'avenir de la Région se fera ici ! Pour cela, nous ne devons pas nous faire voler notre avenir… Nous devons rester porteurs de cet avenir.

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