AccueilGrand témoin« Notre objectif est de produire 60 millions de masques par mois »

« Notre objectif est de produire 60 millions de masques par mois »

Cela va faire bientôt deux ans que le groupe japonais Iris Ohyama, leader mondial de la plasturgie (5,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 15 392 salariés et 25 000 références produits), a ouvert une usine à Lieusaint. Yasushi Oyama, le directeur du site, est heureux de l'accueil que lui a réservé l'agglomération Grand Paris Sud. Il nous explique les raisons qui ont poussé son entreprise à s'implanter en Seine-et-Marne et à se lancer dans la production de masques chirurgicaux. Une stratégie industrielle payante en cette période de crise sanitaire.
« Notre objectif est de produire 60 millions de masques par mois »
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Pourquoi avez-vous choisi de vous installer en France et en Seine-et-Marne ?

Nous sommes présents sur le marché européen depuis 1998. Notre premier hub de production et de distribution a été implanté à Tilburg, au Pays-Bas. Cette usine étant arrivée à maturité, notre volonté d'être au cœur des marchés français, allemands et britanniques s'est accentuée. Nous avons donc choisi la France, afin de poursuivre nos objectifs de développement en Europe. La Seine-et-Marne répondait à nos attentes en termes de logistique et de besoins commerciaux et humains. Pour mener à bien ce projet, nous avons bénéficié de l'accompagnement soutenu de Business France et de nos partenaires régionaux : Paris Région Entreprises (PRE) et l'EPA Sénart (Etablissement public d'aménagement). Le territoire de Grand Paris Sud (GPS) constitue un environnement privilégié, grâce à son écosystème favorable à la création et au développement d'entreprises comme la nôtre. Ce choix a été une évidence. Être situé aux portes de Paris et bénéficier d'une desserte exceptionnelle grâce aux réseaux autoroutiers, ferroviaires, aériens ou fluviaux nous permet de livrer nos clients avec une grande efficacité. Nous pouvons également accéder rapidement à de nouveaux clients potentiels et à la main-d'œuvre qualifiée dont nous avons besoin.

Quels étaient vos objectifs au départ ?

Le premier était de renforcer notre présence en Europe, principalement sur le portefeuille produits “Lifestyle”. Comme nous étions déjà présents chez de nombreux acteurs de la grande distribution (Gifi, Leroy Merlin, Carrefour, La Foir'Fouille), l'usine de Lieusaint nous a permis de renforcer notre capacité de production et nos espaces de stockage pour l'ensemble du marché européen et notamment celui des “Marketplaces” et donc du digital. Nous avons investi plus de 60 millions d'euros pour construire cette usine de 65 000 m2 sur un terrain de 12 hectares.

Presque deux ans après, quel bilan tirez-vous ?

En juin 2019, personne n'aurait pu prédire cette crise sanitaire. À nos yeux, le bilan est donc positif, puisque nous avons pu être un acteur majeur de l'économie circulaire. En ces temps de crise, nous avons créé de l'emploi en passant de 30 salariés en 2019 à près de 300 aujourd'hui. Nous avons généré de la valeur et participé à l'attractivité de l'économie française avec un chiffre d'affaires de 24 millions d'euros en 2020.


Line Magne, maire de Moissy-Cramayel, Sophie Vandome, responsable des ressources humaines à Iris Ohyama France, Yasushi Oyama, directeur d'Iris Ohyama France, et Michel Bisson, maire de Lieusaint et président de l'agglomération Grand Paris Sud.

Avez-vous de nouvelles ambitions ?

Elles sont toujours les mêmes : apporter notre expertise, notre savoir-faire et notre expérience sur le marché européen. Nous souhaitons continuer notre développement et augmenter nos capacités de production. À Lieusaint, nous produisons actuellement en “made in France” des masques, des boîtes en plastique, des accessoires pour animaux et bientôt notre gamme Woozoo, des ventilateurs design et silencieux. Le marché “Lifestyle” fait partie aussi de nos objectifs.

La crise sanitaire a-t-elle contrarié vos plans ?

Oui, comme tout le monde. Mais notre adaptabilité et notre savoir-faire historique en Asie en matière de fabrication de masques nous ont permis de participer à la lutte contre la Covid-19. Nous produisons des masques depuis plus de 14 ans. La décision de réintégrer la production industrielle de masques en France a donc très vite été prise. Nous disposions de l'espace, des moyens et des compétences. Comme disait Churchill, « La peur est une réaction, le courage est une décision ». Notre projet était donc de créer une unité de production à Lieusaint pour répondre à la demande nationale et de démontrer ainsi notre expertise. Nous avons reçu le soutien de la Région Île-de-France qui nous a accordé une subvention exceptionnelle de 800 000 euros. Nous sommes reconnaissants de cette marque de confiance. Parallèlement, nous avons poussé notre développement en ligne via les “Marketplaces” et continué à répondre à la demande “Lifestyle” de nos clients de la grande distribution.

Allez-vous continuer à produire des masques ?

Bien sûr. Nous nous sommes dotés d'une salle blanche intégrant 18 lignes de fabrication de masques chirurgicaux de types II et IIR et de différentes tailles. À terme, notre objectif est d'implanter 30 lignes et de produire 60 millions de masques par mois. Nous sommes fiers d'avoir relocalisé cette activité en France et nous voulons qu'elle soit pérenne et compétitive. Nous continuons de travailler sur le confort et le design de nos masques pour le grand public.

Comment et à qui les vendez-vous ?

Nous les vendons en ligne en BtoC via Amazon à des professionnels de la grande distribution, aux professions de santé et aux entreprises qui vont continuer à en avoir besoin. Nous visons la certification ISO 13 485 pour répondre aux exigences des clients du secteur médical.

La plasturgie reste votre activité principale. Comment fonctionne votre stratégie de recyclage ?

Nous nous engageons à être un fabricant responsable. En 2020, nous avons utilisé 46 % de plastique recyclé et 100 % de nos déchets plastiques provenant de nos processus de production ont été recyclés en interne. Nous avons récemment reçu le label “More” créé par la Fédération de la plasturgie et des composites (FPC). Ce label est décerné aux industriels qui sourcent des matières plastiques recyclées dans leur production. Nous ne produisons pas de plastique à usage unique, mais des biens en plastique dit “durables, réutilisables et pérennes”. Bien que le plastique soit parfois mal considéré, il est essentiel de garder à l'esprit qu'il offre de nombreux avantages. Pesant moins lourd que certaines matières, telles que le verre ou le bois, il génère une logistique plus aisée.

Comptez-vous recruter au cours des prochains mois ?

Nos effectifs ont très rapidement évolué l'année dernière. Nous n'avions pas prévu de “grossir” aussi rapidement. Il a fallu nous adapter à la demande, former et mettre en place les équipes. La capacité de notre usine et le nombre de nos lignes, aussi bien en production de masques ou de plastique, n'est pas encore atteinte. Nous prévoyons donc de continuer à recruter.

Envisagez-vous d'ouvrir une autre usine en France ?

Le marché français est important pour nous et la France est un pays central sur le plan géographique, mais ce n'est pas prévu pour le moment. L'usine de Lieusaint nous permet d'approcher les marchés limitrophes de l'Angleterre, de l'Allemagne, de l'Espagne et de l'Italie. Fin avril, nous avons d'ailleurs ouvert une entité commerciale au Royaume-Uni qui sera pilotée et approvisionnée depuis Lieusaint.

Comment vous sentez-vous en Seine-et-Marne ?

Très bien. Nous avons été soutenus par les différents acteurs locaux tout au long de notre développement et nous tenons à continuer ces riches échanges. C'est important pour nous d'être une entreprise citoyenne intégrée au territoire qui nous accueille.

Selon Michel Bisson, le président de Grand Paris Sud et maire de Lieusaint, Iris Ohyama est une entreprise phare du territoire. Quelle est votre réaction ?

Nous sommes très fiers. Nous trouvons notre place et nous nous sentons investis d'une grande responsabilité industrielle. Nous sommes une illustration des relations très positives entre le Japon et la France, aussi bien dans les domaines politiques, économiques que culturels. Le Japon est le premier investisseur asiatique en France.

Vous avez promis d'offrir 100 000 masques aux écoles de l'agglomération. Pourquoi ?

Nous sommes en train d'organiser cette donation avec les services de Grand Paris Sud. Au début de la crise sanitaire, l'agglomération nous a fait confiance, nous a accompagné et nous a commandé des masques pour les enfants. Aujourd'hui, cette activité est maîtrisée et nous souhaitons rendre la pareille en tant que partenaire. On sait que cette crise a touché le pouvoir d'achat des ménages. Les jeunes élèves seront certainement ceux qui seront vaccinés en dernier et probablement ceux qui enlèveront le masque en dernier lieu.

Iris Ohyama va parrainer le festival d'histoire de l'art qui va se dérouler à Fontainebleau du 4 au 6 juin et qui sera consacré au Japon. Quel est le but de ce partenariat ?

La France est le pays des arts et de la gastronomie. En tant que Japonais, la peinture, le cinéma, la littérature ou l'animation sont également des domaines que nous affectionnons. Pour cette 10e édition, le Japon et le Plaisir ont été les thèmes retenus. Cette année, plus que jamais, nous sommes heureux de soutenir le monde de l'art. Des collections japonaises, des mangas et le cinéma japonais seront mis en lumière. Ce festival sera un moment fort de découvertes et de partage, mais également l'occasion de renforcer les liens entre nos deux cultures.

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