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« La Seine-et-Marne doit avoir toute sa place en Ile-de-France »

Louis Vogel est un universitaire reconnu, professeur de droit et ancien président de l'Université Paris II Panthéon Assas, mais également maire de Melun. Pour les élections régionales, il mène en Seine-et-Marne, la liste de la majorité présidentielle “Envie d'Île-de-France”, avec Laurent Saint-Martin.
« La Seine-et-Marne doit avoir toute sa place en Ile-de-France »

TerritoiresInfos région Publié le ,

Vous êtes en tête de liste aux élections régionales, sur la liste menée par Laurent Saint-Martin, en Seine-et-Marne. Quelles sont vos propositions en lien avec les préoccupations des habitants dans le département ?

Le prochain mandat doit être l'occasion pour l'exécutif élu de construire de véritables duos entre les acteurs locaux et la Région, condition sine qua non de la relance économique, durable et intelligente, de notre territoire et surtout de donner une véritable place à une Seine-et-Marne oubliée qui représente pourtant près de la moitié de l'Île-de-France. C'est là le sens de mon engagement avec Laurent Saint-Martin et la liste «Envie d'Île-de-France”.

Avec un budget de 5 milliards d'euros, la Région Île-de-France agit dans la plupart des domaines qui concernent la vie des 12 millions de Franciliens. Au regard des enjeux qui se dessinent aujourd'hui en cette période de crise économique et sanitaire, il est fondamental de “faire avancer les dossiers”, notamment sur les problématiques qui touchent les Seine-et-Marnais.

Ainsi, nous avons besoin d'une meilleure prise en compte des demandes du territoire sur l'adaptation de l'offre de transport. Pour lutter contre l'isolement de notre département, nous replanifierons les transports avec plus de trains, Noctiliens, et liaisons avec les aéroports. Il s'agit là d'un point essentiel. En effet, certains choix ou décisions de la Région doivent pouvoir s'adapter plus finement aux réalités et aux besoins du territoire, dans un souci, bien entendu, de maîtrise des coûts et de rationalisation de l'offre. Ces choix, comme sur le matériel roulant par exemple, peuvent en effet avoir des percussions sur la qualité de service et générer des mécontentements qui mettent en difficulté l'ensemble des acteurs, comme ce fut le cas sur la ligne R du Transilien avec l'arrivée des Regio2N dépourvus de sanitaires, pourtant nécessaires sur de longs trajets…

De même, la création d'un “Terrier de Bercy” est aujourd'hui indispensable. Ce changement de réseau structurel avec l'utilisation des voies “M”, réservées aujourd'hui au fret, faciliterait la vie des Seine-et-Marnais. La Région peut et doit soutenir ces investissements d'avenir…

De la même façon, la Région investit plus de 110 millions d'euros pour l'enseignement supérieur et la recherche. Redéployons ces moyens colossaux au service de la création de véritables universités de recherche en utilisant ces fonds pour leur développement. C'est ce que nous pourrions faire à Melun et dans d'autres villes franciliennes, en regroupant les différents pôles universitaires dans un campus unique.

C'est ce qui a été fait au sein de l'Université Paris-Saclay qui intègre un véritable réseau d'universités de recherche. Le résultat est sans appel :
en 2020, l'université Paris-Saclay fait son entrée dans le classement de Shanghai à la 14e place mondiale, en étant classée au 1er rang mondial dans le domaine des mathématiques et au 9e rang mondial dans le domaine de la physique… L'attractivité du territoire passe par cela. Poursuivons dans cette voie.

Enfin, dans le domaine agricole, nous devons soutenir les filières bio et courtes : c'est un impératif aujourd'hui. Nous le ferons, notamment grâce au fonds d'épargne populaire (le premier Fonds d'Épargne Populaire pour associer les Franciliens à la relance et la transformation), dans leurs conversions pour préserver nos terres agricoles.

Vous connaissez pourtant Valérie Pécresse et certains élus Agir qui ont décidé de faire partie de sa liste…

En effet, je connais Valérie Pécresse depuis longtemps maintenant. Nous avons œuvré ensemble quand elle était ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et quand j'étais président de la Conférence des présidents d'universités, dans le cadre de la réforme des universités voulue par Nicolas Sarkozy. Sous l'impulsion du président de la République de l'époque, nous avions mis en place les premières mesures vers une plus grande autonomie des universités et donné une forte impulsion à la création d'universités intensives de recherche et ouvrir la voie au rapprochement avec les grandes écoles.

Après avoir œuvré pour un rapprochement entre la majorité présidentielle et Valérie Pécresse pour les élections régionales en Ile-de-France – qui n'a pas abouti –, j'ai été chargé par Laurent Saint-Martin de conduire la liste Maison Commune LREM – Modem – Agir pour la Seine-et-Marne, autour d'un projet fort et centré sur la jeunesse.

Il est vrai que la situation pour Agir est particulière : nous nous retrouvons avec des Agir, conseillers régionaux sortants de la majorité de Valérie Pécresse, qui ont fait le choix de la facilité en la soutenant également en 2021, alors que nous souhaitions une alliance claire pour faire entendre la voix d'Agir.

Et d'autres, comme moi, qui avons choisi en cohérence, de rester fidèles à la majorité présidentielle et à l'action du président de la République depuis 2017.

Aujourd'hui, qu'est-ce qui vous différencie le plus par rapport à la majorité sortante de la région ?

Notre programme renvoie à l'ADN d'Agir : nous souhaitons que les solutions viennent de la base et non qu'elles soient imposées du sommet et je pense que la Région Ile-de-France a des progrès à faire en ce sens. Je sais que Laurent Saint-Martin saura insuffler ce changement. C'est quelqu'un de très sérieux, très concret. Son programme n'est pas théorique, il est issu de la réalité du terrain et des rencontres avec les gens qui lui ont fait part de leurs préoccupations.

Il est urgent de rapprocher la Région et de faire d'elle un acteur de terrain. L'accompagnement régional doit “être personnalisé” ! En matière de subventions européennes, par exemple, comment imaginer, face à la complexité des dossiers à remplir, parfois en anglais, qu'une commune rurale pourtant éligible à de nombreux programmes, puisse candidater et prétendre à ces financements nécessaires ?

La Région doit être présente sur le territoire pour être l'acteur de terrain que nous attendons tous et qu'elle ne soit pas limitée à un seul rôle de “tiroir-caisse”. C'est le sens de mon action à la présidence de la Communauté d'Agglomération Melun Val de Seine.

Les communes attendent beaucoup de la Région. La Région a beaucoup à apprendre des communes pour que l'efficacité espérée soit au rendez-vous.

Votre campagne porte ses fruits, car votre liste a progressé dans les sondages quand d'autres ont baissé. Quel est votre sentiment sur cette campagne en Seine-et-Marne, sur le terrain ?

Avec Laurent Saint-Martin, nous avons construit un projet régional complet et chiffré avec 154 propositions. Nous nous inscrivons dans la ligne du président de la République, Emmanuel Macron, et je suis très heureux de poursuivre cet engagement comme je l'avais fait en soutenant la liste “Renaissance” aux Européennes ou lors des dernières élections municipales pour lesquelles je conduisais une liste ouverte à tous, mais soutenue par Agir, LREM et le Modem.

Mon objectif est clair : je souhaite replacer la Seine-et-Marne, près de la moitié de l'Ile-de-France, au cœur des dispositifs régionaux que cela soit en termes de sécurité, de transports ou de politique universitaire. D'ailleurs, je souhaiterais remercier Laurent pour la confiance qu'il me porte. Il a un projet et une vision pour la Région et ne se contentera pas d'être un gestionnaire. Il est sérieux, rapporteur du budget à l'Assemblée nationale, ancré dans le Val-de-Marne, il connaît les problématiques des Franciliens. C'est un travailleur : dans les déplacements que nous organisons ensemble, il se prépare sérieusement, il prend le temps de comprendre ses interlocuteurs, de saisir les problématiques qu'ils doivent affronter et réfléchit aux solutions qu'il pourrait proposer. Il n'est pas dans la superficialité et la communication politicienne.

Depuis à peine un mois que nous avons lancé notre campagne, nous constatons, sur le terrain, comme dans les sondages, une réelle dynamique pour notre liste. Je le vois dans mes déplacements à travers toute la Seine-et-Marne, département pourtant plutôt conservateur mais aussi dans les derniers sondages où nous sommes, effectivement, les seuls à progresser significativement en passant de 11 à 16 % au premier tour.

Certains ont estimé qu'il y a eu, à un moment donné, un glissement de cette campagne des régionales vers l'élection présidentielle. Qu'en pensez-vous ?

Laurent Saint-Martin est le seul candidat à proposer des solutions pour l'avenir de la Région. Nos six concurrents sont en campagne contre Emmanuel Macron, et non pour les Franciliens.

Le Rassemblement National vous fait-il peur ?

Le Rassemblement National est très présent, notamment en Seine-et-Marne et dans ses parties rurales. Ce parti prospère sur la haine, les peurs et les réponses faciles et irréalistes à des situations complexes. Tout nous sépare, leurs solutions sont désastreuses, quand ils en proposent, et leurs candidats mènent une campagne nationale, déconnectée des territoires, quand il s'agit de proposer un projet pour la Région. J'encourage vraiment tous les électeurs et électrices, ceux qui soutiennent le président de la République comme ceux qui sont déçus par le franchissement des lignes républicaines par leurs candidats, à se mobiliser pour rejeter les extrêmes et à rejoindre la liste Envie d'Île-de-France.

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